Menu Content/Inhalt
The Golden Fingers Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Cécile Guérin   
07-03-2007
Pas de dossier casino sans l’examen minutieux d’une catégorie sociologiquement trop peu représentée mais cinématographiquement l toujours bankable : le champion de poker trop sexy…

Avec un effet du poignet, ni trop, ni trop peu, il jette sa carte sur la table. La caméra virevolte autour de lui et saisit les gouttelettes de sueur de ses adversaires. Il annonce sa mise d’un regard impassible tandis que le joueur adverse le guette avec un mouvement du sourcil qui se veut méprisant. Nous sommes au beau milieu d’une partie de poker critique. A la clé, une banque, une fille ou l’ordre actuel du monde, c’est dire que c’est tendu…

 

Variante du poker normal, le poker critique se joue essentiellement à deux et en anglais. Les autres joueurs, nécessaires pour tenir toutes les cartes, se divisent en deux catégories : les amis et les ennemis du champion.

 

En français, l’action se passe plutôt autour de la table. Les héros font des réussites à plusieurs dans une cuisine sombre en lançant des jeux de mots, puis partent régler un problème de péripatéticiennes en laissant des cadavres sur la table en formica.

Dans la langue d’Eddie Felson, les héros font des parties de roulettes le temps d’être repérés par lanana qui les intéressent pour aller ensuite l’épater tout à fait avec une partie de poker (de billard)dans une arrière salle privée. Parce que le roi des jeux, c’est les cartes et le roi du roi, c’est le poker.Autour de la table comme sur les cartes, celui qui gagne est l’as qui remporte la reine.

Pour faire une partie de poker-critique à la maison, il vous faut :

Des mecs. Car le poker reste essentiellement masculin avec une préférence pour les bad guy. Mais gourdins s’abstenir. Le mieux : le bad guy policé. De celui qui dit my pleasure en vous tendant un cocktail bizarre à qui il a donné votre prénom avant d’aller éclater les dents du type d’en face.

Des dollars. Même James Bond joue avec ses livres sterling, mais gagne avec des dollars, cherchez l’astuce.

Une démocratie. Car le poker et les jeux de bars (poker, billard, golf etc..) c’est le syndrome de cendrillon version garçon. Un jeune pauvre issu d’un quartier mal famé de quelque grande ville qui possède juste ses poings et son intelligence. Il peut devenir chirurgien mais s’il est intelligent et feignant, il peut devenir aussi champion de poker.

 

Pas trop intelligent cependant. Trop intelligent il serait joueur d’échecs. Et c’est bien connu : ce sont les nazis et les communistes sanguinaires qui jouent aux échecs. Là, plus que de l’intelligence, il s’agit d’instinct. Cette intelligence pas intellectuelle qui fait qu’il peut gagner partout. Il gagne contre les mecs de la rue, et contre les mecs pas de la rue qui, il faut bien le dire, gagnent dans la société en général. C’est dire s’il est fort.

 

Mais pour atteindre le sommet de son art, il lui faudra acquérir de la maîtrise. Secouez, et vous obtenez des heures de pellicule par tranche de 180 minutes. Il était une fois un vieux briscard champion du monde des champions du monde il y a longtemps, qui cherchait une relève. Il va donc chercher un jeune chien fou qui possède l’instinct (le « feu » / le « don ») et qui gagne la plupart du temps pour lui transmettre sa sagesse. Grâce à ça, à la fin, il gagne tout le temps et partout, le vieux briscard peut aller mourir tranquille. Cette maîtrise, c’est la « poker face », la classe. De celle qui permet de dire « Bond, my name is Bond » sans avoir l’air ridicule, c’est dire que c’est utile…

 

Voir :
Richard Donner « Maverick, Martin Scorcese« la couleur de l’argent », Steven Soderbergh « Ocean’s 11 »,Martin Campbell « CasinoRoyale »…
Pour cellule de dégrisement : Les Sopranos, Scorsese « Casino », Altman « Le privé » (rapport plus lointain mais génial... Pour l’hygiène)

Dernière mise à jour : ( 25-05-2007 )
 

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Syndication