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Écrit par Hélène D.   
07-03-2007
Quand on sait que le casino n’était pas «la tasse de thé» de Martine, et que Mauroy s’est sauvé pendant la prise de décision, nous on ne comprend pas bien. Pourquoi les politiques le veulent, mais pas tant que ça ? Y a plus qu’à leur demander !

Il n’est pas difficile de reconstituer les motivations des élus PS concernant l’implantation du casino : rentrées fiscales, équipement touristique et emplois forment le tiercé, dans l’ordre, qui légitime le casino.

Mais qu’en pensent les militants socialistes ?Et particulièrement ceux de la section de Fives? Ont-ils été seulement associés au projet ? Et les autres ? les UDF, les UMP, les communistes ? Qu’en pensent-ils ? Pour le savoir, je décroche mon  téléphone. Dring dring, le siège du PS de Lille, pourriez-vous me dire qui préside la section locale de Fives ? « M Tabacca ». Vous savez comment je peux le joindre ? Merci. Allô, Stanislas Tabacca ? C’est à propos du casino,je me demandais si...

Circulez, y’a rien à voir

Les militants PS n’ont pas été consultés sur le dossier, en tous cas, le secrétaire de la section de Fives ne s’en souvient pas. « C’est qu’on ne fait pas voter les militants sur tout ». Quand on lui demande s’il ne craint que le casino précarise la situation des Fivois, ce dernier embraye: « On ne s’est pas dit, voilà l’eldorado aux portes de Fives, non, on a été très vigilant ». Le traitement de l’addiction a en effet été porté par les militants PS de Fives de façon à ce qu’il se trouve clairement dans le cahier des charges du projet. Il me rappelle aussi que le projet retenu propose un service de traitement en interne de l’addiction. Le président de la section PS de Fives se souvient également avoir pris part au petit voyage d’étude au Pasino de Saint-Amand-les-eaux, organisé par la mairie.

On est allé voir le Pasino, et quand même, on voit très rarement des très pauvres, mal habillés, je veux dire des rmistes qui s’y promènent.». Nous voilà rassurés. Le casino, c’est un équipement de grande ville, qui se projette, poursuit notre interlocuteur à l’autre bout du fil, et en plus, ça créera des emplois. Pour les gens de fives ? Je lui demande. Négatif, car «les jeunes de Fives n’ont pas les compétences,ils ne parlent pas deux ou trois langues, mais s’ils embauchent leurs cousins de Lille sud. Cesera bien aussi. ». Après quelques envolées sur Lille-à-deux-heures-de-Londres et tout...

Circulez, y’a rien à voir, me signifie-t-il, le casino n’est pas un gros dossier. Déçue, j’appelle les MJS (jeunesse socialistes), qui sont souvent plus revendicatifs que les militants PS classiques, et là, même discours. Le casino n’a pas fait débat chez eux. Emplois, aménagement du territoire, deux ou trois autres mots sur les touristes anglais et je raccroche.

« Une mairie a le choix d’implanter ou non un casino »

J’appelle la permanence UDF de Lille. Une militante me file le numéro de portable de Jacques Richir, élu à la mairie depuis 1989. Ce dernier me rappelle in extremis la veille du bouclage, il est 23H30. Les 3 élus du centre avaient voté contre l’implantation du casino, et ce soir Richir justifie leur position. Le casino, c’est pour les touristes ? Que je lui lance, pas très réveillée. « L’excuse du tourisme, c’est une vaste plaisanterie » me répond l’euphorique Richir, qui sort d’une réunion de campagne présidentielle (Bayrou est crédité ce jour de 19% d’intentions de vote). L’élu veut bien y croire quand on évoque les casinos des stations huppées de bord de mer, « mais objectivement,qui viendra jouer au casino à Lille ? Ce casino n’aura aucune attractivité, aucun charme, situé sur l’ancien échangeur, coincé entre la gare et l’immeuble Edf, franchement pourquoi voulez-vous que les anglais viennent y jouer ?En plus, tous les faits montrent que ce sera une clientèle de proximité, des gens qui habitent à 50 km à la ronde.. ». Il poursuit en me rappelant que la position de l’UDF a été constante. Si les jeux de hasard sont de l’ordre de la liberté individuelle, pour autant, une mairie a le choix d’implanter ou non un casino, et pour Lille, il est contre. «Comme on sait que 99% du chiffre d’affaires provient des machines à sous, on peut dire que ce qui se passe dans les casinos est très, très éloigné des clichés cinématographiques !

On voit bien que ce sont les gens des milieux modestes, les jeunes retraités, qui jouent des sommes importantes ». Moi : « Très bien, mais alors, comment on boucle le budget dans ce cas là, on augmente les impôts locaux ? ». Non non, après un bref rappel sur les mécanismes des finances publiques, il argumente l’absence de nécessité d’augmenter les taux d’imposition pour augmenter les recettes. En effet, avec les nouveaux immeubles pour personnes aisées qui ont fleuri ces dernières années à Lille, les caisses de la ville se remplissent tranquillement ».

Decocq, Juppé, même combat

Passons à ses collègues de l’UMP. « Permanence de C. Decocq bonjour. » m’annonce une petite voix. Je sollicite un rendez-vous avec le leader de l’opposition ; malheureusement, son assistante oublie de me rappeler. Je me permets de la recontacter : « Permanence de C.Decocq bonjour » « Oui, bonjour madame, je vous avais appelé à propos du casino » « Oui,j’avais dit que JE vous rappelais, alors n’appelez plus, hein, je vous rappellerai ». Au siège de l’UMP, rue Solférino, on ne se souvient pas plus que le casino ait jamais fait débat. Je demande à l’affable Richir, ce qu’il pense de la position des élus de l’UMP. « Lors du vote, Decocq a entonné l’idée d’un casino, outil de développement économique, qui permettrait d’avoir moins d’impôts. En fait il n’a fait que reprendre la position de Juppé à Bordeaux qui a proposé de créer un casino ».

P.C. (Parti Capitaliste, Pour le Casino ?)

Le PC, on le sait, est pour. Enfin, les élus étaient pour, parce que les militants, c’est moins sûr, si on en croit un militant de l’Union Etudiante Communiste (UEC) : « Bien sûr c’est un point de discordance entre les élus qui ont voté pour et les militants qui y étaient hostiles, dans l’absolu nous sommes contre mais malgré tout, il y a les emplois, beaucoup d’emplois... ». C’est pour les emplois ? La rumeur voulait que les communistes, ce qu’ils veulent, c’est moins d’impôts. Je demande alors à mon informateur du dernier soir, ce qu’il pense de la position des élus PC. « Les communistes ne sont pas à un paradoxe près ! En matière de casinos, ils suivent l’exemple de Bocquet à Saint Amand les eaux. Mais aussi, et c’est comme pour le stade, ils défendent le projet d’un stade coûteux sur les fonds publics par l’idée que c’est une pratique « populaire », ils défendent les pratiques « populaires » et le casino, c’est populaire » rappelle Jacques Richir. J’en profite pour lui demander si c’est bien vrai que Michèle Demessine, élue communiste a dit qu’un casino à Lille, ça permet de « mettre le jeu à porter de tous ». En fait, le très bon magazine « Regard » nous disait que D. Plancke (élu vert) avait dit que Demessine lui avait que, donc je tente de recouper comme je peux. Richir confirme, amusé.

Le casino, c’est pas écolo

Si les verts rejoignent ici les UDF, cette fois, ce n’est pas le bon sens et la morale qui fondent leur position, mais la démocratie basée sur l’expertise. En effet, après avoir organisé un débat avec élus, militants et spécialistes des addictions, les élus verts, qui ne sont pas dans l’opposition, votent contre. Passons sur le FN (contre), et voici le résultat du tableau : (PS+PC+UMP) - (Verts+ UDF+ FN)>0.

Le vote est positif, l’histoire continue et je n’ai plus de forfait.

Dernière mise à jour : ( 25-05-2007 )
 

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